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Simenon, Les Gens d'en face: une radiographie poisseuse du stalinisme.

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Simenon, Les Gens d'en face: une radiographie poisseuse du stalinisme.

En 1932, Simenon entreprend une série de voyages et de reportages notamment en Union soviétique. Les Gens d’en face est tiré de cette expérience. L’action du roman se situe à Batum ville portuaire de la Mer Noire (Géorgie) où Adil Bey, consul turc, remplace son prédécesseur mort dans de mystérieuses conditions. Son installation est émaillée de petits faits étranges et déstabilisants : le consulat a été déserté par les employés et quasiment vidé de son matériel. Très vite Adil découvre une ville sinistre minée par la famine et par les exécutions sommaires. Son angoisse s’amplifie avec la présence de ses voisins d’en face qui semblent l’épier. Ainsi, tout devient une menace dans l’URSS de Staline, depuis la femme de ménage qui passe ses journées assise dans l’appartement du consul, aux femmes prêtes à se vendre pour quelques pommes de terre, en passant par les serveurs du bar aux oreilles indiscrètes.

Le temps s’écoule lentement dans cet univers poisseux et lourd même sous la pluie qui ne cesse de tomber et qui enferme les individus dans leur solitude, dans un système effrayant et absurde sans échappatoire qui nous rappelle que Simenon est un très grand créateur d’atmosphères.

A travers cette ambiance et ses personnages, sans grand discours, il dénonce le régime mis en place par Staline, montre l’envers du décor du paradis soviétique et nous projette dans un monde oppressant où règne la suspicion.

C'est tellement réussi qu'on étouffe un peu à la lecture et qu'on se sent sale comme si cette misère nous collait à la peau.

Pour en savoir plus: Simenon et les gens d'en face, un documentaire de Jean-Claude Riga et Léon Michaux diffusé en 2003 sur Arte.

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