Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ignacio del Valle, Derrière les masques: au coeur des ténèbres.

Publié le

Ignacio del Valle, Derrière les masques: au coeur des ténèbres.

Un attentat à Manhattan, dans le restaurant d’un mafieux russe connu du FBI « et pas précisément pour l’excellence de ses blinis » fait ressurgir le spectre de Viktor, un criminel de guerre serbe censé avoir été assassiné quelques années plus tôt. Deux policiers et une photographe de guerre qui a perdu (vendu ?) son âme en Bosnie et dans cet « asile balkanique » tentent d’organiser la traque de ce tortionnaire. Au fil de cette quête ils vont certes découvrir le parcours de Viktor mais aussi se découvrir eux-mêmes dans ce jeu de piste pervers où la victime s’identifie au bourreau qui en fin de compte la façonne. On ne sort pas complètement indemne de toute cette violence exposée, de cet univers dans lequel « l’horreur est devenue routine », des répétitions obsédantes.

Derrière les masques peut donc être qualifié de polar métaphysique et psychologique. En effet, l’enquête est un prétexte à l’introspection, à une réflexion sur l’identité, sur le pardon, sur la monstruosité (et la fascination qu’elle suscite). L’ensemble est très psychologique mais malgré des passages très réflexifs le rythme est vif car l’auteur nous tient en haleine avec un suspens donné par l’action et par la construction : comme dans une série télé ou les polars américains les chapitres s’interrompent très souvent à des moments cruciaux et font alterner les points de vue des différents personnages. L’auteur est évidemment très loin d’un Harlan Coben tant son style est travaillé ( un peu ampoulé parfois diront certains).

Merci aux éditions Phébus et à Babelio pour cette découverte.

Commenter cet article